BERCEMENTS ET BERCEUSES 

 


Berceuses françaises  : Colette Magny

 

" Les chants du premier âge,c'est à dire ceux que la nourrice chante à l'enfant qui vient de naître ou qui commence à grandir, se divisent en cinq séries, dont les caractères sont très différents :

                               1° La première série comprend les chants dont on se sert pour endormir l'enfant

                               2° La seconde, ceux qui servent à le réveiller

                               3° La troisième, les chants qui ont pour but de lui apprendre à agir

                              4° La quatrième, les chants énumératifs, qui traînent un récit en longueur, avec l'intention

                                 de l'amuser ou de le distraire

                              5° Enfin la cinquième, les rondes des tout petits enfants.

 

L'influence de la musique sur ce premier âge, où les sensations sont si indécises, si incertaines, que l'esprit en a à peine conscience, nécessiterait une étude toute spéciale,(.......). nous devons nous borner à en indiquer les principaux effets, ceux que la poésie populaire a tâché d'atteindre.

A cet âge, l'enfant n'a pas encore d'idées, il n'a guère que des sentiments; son esprit, plus tard si éveillé, si actif, est plongé dans une somnolence réelle, dont il se rend compte toutefois, puisqu'il n'aime point que l'on en trouble la quiétude. Ainsi la musique, qui presque toujours n'est que la langue même des sentiments, en ce qu'elle ne saurait avoir la netteté et la précision d'expression de la parole, qui est la langue des idées, se trouve en accord parfait avec cet état d'indécision et d'incertitude.

L'instinct musical, reconnu dans les animaux, est plus sensible encore dans l'enfant au maillot. Cette faible créature, dont la raison est, pour ainsi dire comme ses membres, enveloppée de langes de l'enfance, goûte les sons avant d'avoir encore aucune idée nette et distincte. Le chant d'une nourrice soulage ses douleurs, calme son impatience, lui transmet une gaieté qu'atteste son sourire innocent."

Extraits de : " CHANTS POPULAIRES DU LANGUEDOC"

Achille Montel et Louis Lambert. Maisonneuve Paris, 1880. Réédition par les Editions Jeanne Lafitte. Marseille, 1975.

 

 

 Fédérico Garcia Lorca - 1931

“Il y a quelques années, me promenant dans les alentours de Granada, j’entendis chanter une femme du village qui endormait son enfant. J’avais toujours remarqué la tristesse aiguë des berceuses de notre pays  mais jamais je n’avais ressenti cette vérité si concrète comme ce jour-là.

En m’approchant de la chanteuse pour noter la chanson j’ai observé que c’était une belle andalouse, gaie et sans le moindre tic de mélancolie ; mais une tradition vive travaillait en elle et elle exécutait fidèlement l’ordre, comme si elle écoutait les vieilles voix impérieuses qui glissaient dans son sang. Depuis lors j’ai essayé de recueillir des berceuses de partout en Espagne ; j’ai voulu savoir comment les femmes de mon pays endormaient leurs enfants, et après un temps j’ai eu l’impression que l’Espagne emploie ses mélodies pour imprégner le premier sommeil de ses enfants. »

 

 

 

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Serena Fisseau : d'une île à l'autre

 

 

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