" Dès la vie foetale, l'enfant puise dans son environnement les éléments

                                       qui lui pemettront de construire les bases de sa vie psychique, par un

                                       travail d'intégration des éprouvés intérieurs -sa propre physiologie- accordés

                                       aux données externes, perçues à cette étape au travers de la physiologie

                                       maternelle".

                                       Françoise Molénat. Articulations. Cahier de l'Afrée N° 15.

 

Les étapes successives du développement ont été élaborées et formulées par différents théoriciens et cliniciens des champs psychologique, psychomoteur, cognitif. Des échelles d'évaluation permettent de repérer le franchissement des étapes développementales du petit d'homme mais on admet aujourd'hui une vision fluide et dynamique : chaque enfant se développe selon son propre rythme en lien étroit avec son milieu. Les échanges qui s'organisent entre l'organisme de l'enfant et son environnement alimentent les apprentissages. Ils apportent avec le support des systèmes sensoriels (qui sont tous fonctionnels dès le dernier trimestre de la grossesse), des informations utiles aux relations avec le monde extérieur et à la régulation tonique.Le maternage par l’incorporation d’un sens ou d’une intentionnalité accompagne  la première étape de la construction de la vie psycho-affective du tout-petit .

Le nouveau-né réagit très vite aux sollicitations qui lui sont proposées. Les études sur les interactions adultes/bébé, en donnant une place centrale aux émotions, permettent de mieux comprendre la part de chacun dans ces interactions qui mènent à la vie psychique.

 

A la naissance :

L'observation sensible des enfants nés grands prématurés, les approches dites de " Soins du développement" et de très nombreux travaux de recherche ont permis d'éclairer comment se construisent les systèmes sensoriels et comment s'organise la continuité transnatale (avant et après la naissance) des compétences sensorielles du tout-petit. 

Un nouveau-né montre une préférence pour les formes complexes proches du visage humain et entraîne un mouvement de poursuite tête-yeux à 180°.

Quand le nouveau-né entend des sons dans la fréquence de la voix humaine, son coeur se ralentit, il écoute et tourne la tête vers la source sonore. Il montre une préférence pour la voix de sa mère.

Le bébé construit une "carte d'identité chimique de sa mère" dès les premiers jours. Il distingue l'odeur du cou et du sein maternel par rapport à l'odeur homologue d'une autre mère. (Montagner, 1988).

Il présente une capacité à imiter autrui. Face à un adulte qui lui tire la langue, le bébé fait de même avec un grand plaisir. (Metzolff et Moore, 1977).

Un nouveau-né de 12 heures environ bouge selon des rythmes précis coordonnés aux unités de base du discours de l'adulte.

En état d'éveil un nouveau-né sait donc faire beaucoup de choses, sentir, goûter, voir, entendre, se mouvoir mais son comportement est conditionné par des reflexes primaires involontaires que chaque parent peut observer chez son bébé comme le réflexe de succion, le réflexe de Moro, d'agrippement, de l'escrimeur. Nous verrons ainsi notre tout-petit réagir vivement lors d'un bruit inopiné autour de lui, lors d'un déplacement trop rapide par exemple depuis le matelas à langer (à plat dos) vers les bras (redressement). De fait sa motricité est régie par des mouvements spontanés, involontaires, anarchiques. La présence corporelle affective et bienveillante des parents soulage et aide le nouveau-né à apaiser ces réactions incontrôlées et incontrôlables. Ce n'est donc pas uniquement par le regard ou les babillages que le bébé s'oriente vers ses parents. Tout son corps est engagé dans la relation et le corps gardera la mémoire de cette interaction.

 

 

foetus suce son pouce

 Dans le ventre maternel, le foetus suce son pouce

 

 

Attachement

 


Le bébé dispose d'un équipement très efficace pour aider l'adulte à se rapprocher de lui : pleurs, cris, vocalises, sourire. Ces manifestations manifestent le comportement d'attachement qui, comme un réflexe d'agrippement, engagent l'adulte à rester près de lui.

 

A propos du sommeil

 

La survenue de plus en plus fréquente de troubles du sommeil chez les enfants occidentaux de plus en plus jeunes contribue à s'interroger sur les pratiques d'endormissement en cours dans d'autres sociétés.

La pratique du coucher recouvre un sens commun institutionnalisé qui protège l’unité physique et psychologique et confirme le lien entre les générations, tout en s'occupant de la séparation symbolique dans un contact favorisé de proximité. L'attention accordée à l’endormissement du bébé dans la plupart des sociétés extra-occidentales repose sur la crainte des troubles du sommeil chez l’enfant. Cette crainte conduit par exemple la mère indienne hindouiste à observer un certain nombre de pratiques conjuratoires dès la grossesse pour protéger le fœtus de tout choc émotionnel susceptible plus tard, de troubler son sommeil.

La pratique du co-sleeping comme mode de coucher repose non seulement sur la prise en compte de l’immaturité psychobiologique du bébé, mais surtout sur l’idée que son âme est encore trop fragile pour le protéger des attaques des mauvais esprits. La prévention des troubles par le co-sleeping, associé souvent à des protections magiques, se retrouve sur un nombre important de territoires.

Le souci de préserver l’unité somato-psychique par la prévention des troubles du sommeil contribue à assurer l’ordre généalogique préétabli et affranchit le sujet de sa condition humaine.

Concrètement : le sommeil du bébé est régi par la succession de différents états, dits "états de vigilance" dont le bon déroulement assure l'apaisement progressif et le repos.

Les moments critiques se situent pour les parents avec les tout-petits -et les parents- dans la période de la fin de journée. Bébé crie, on ne sait plus que faire, maman est énervée par le petit braillard...Ne vous affolez pas.

Les "solutions" : certains parents emmènent le bébé faire une promenade en voiture..., d'autres confient au papa le soin de prendre le relais (maman va faire un tour)..., d'autres bercent, chantent...Tout est possible. Un conseil : ne laissez pas bébé crier tout seul, restez près de lui, installez-le dans l'écharpe de portage, confiez-le à la mamie, ne le grondez pas, ne le secouez pas.

 

train du sommeil

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